Crimson Peak

Édith Cushing (Mia Wasikowska) est une apprentie écrivaine. Lorsque son entourage remarque que son travail tourne autour des fantômes, elle leur répond que ce n'est pas une histoire de fantômes mais une histoire avec un fantôme. La même chose pourrait être dite de Crimson Peak. Le film n'est pas là pour faire peur mais plutôt pour offrir un film d'époque déjà vu de style victorien avec un côté Downtown Abbey rencontre les Lannister de Game of Thrones. La majorité du film se concentre sur un frère et une soeur capables d'aller jusque tous les extrêmes pour sauver leur manoir familial. De temps en temps, des fantômes apparaissent pour apporter des indices. Crimson Peak tombe alors trop facilement dans la sur-explication et le tout devient alors trop prévisible.

Vers la fin du XIVe, notre héroïne dévoreuse de livres Edith Cushing devient la cible de l'affection d'un Lord dénommé Thomas Sharpe (Tom Hiddleston). Cet aristo anglais est arrivé aux Etats-Unis pour convaincre le père d’Édith d'investir dans son invention, une machine pour extraire l'argile rouge du sol. Un évènement tragique (et prévisible) se produit et pousse Edith dans les bras de Sir Sharpe et ils se marient. Le nouveau couple s'installe alors dans le manoir de Sharpe avec sa soeur Lucille (Jessica Chastain). Le manoir est en fait dilapidé, quasiment en ruines et se situe pile poil au dessus d'un puits d'argile rouge qui pourri petit à petit le sol.

Édith commence alors à découvrir les sombres secrets de la famille Sharpe. Le plus gros secret étant quasiment évident dès le premier acte, il y a très peu de scène choque et de suspense à se mettre sous la dent.

Au niveau du casting, Hiddleston est parfait car il semble tout droit sorti des pages d'une nouvelle de Jane Austen. En plus, il offre même un peu de nudité à sa gigantesque audience sur Tumblr. Par contre, Mia Wasikowska souffre toujours du même problème que dans le très mauvais Alice au pays des merveilles de Burton : comment peut-on s'investir dans son personnage si elle ne montre quasiment aucune émotion ? Pour compléter cet étrange trio, Jessica Chastain déçoit peut être pour la première fois de sa carrière. Je vais pas mentir, ça me fait presque mal d'écrire ça... Beaucoup du suspense du film repose sur ses épaules et le manque de subtilité de sa performance ne permet pas au personnage d'avoir l'impact qu'il aurait pu avoir.

Là où Crimson Peak excelle, c'est dans ses costumes et ses décors. Guillermo del Toro est un maniaque du détail et il le prouve à nouveau. Le manoir est parfait, tout comme les tenues des personnages ou la lumière. La même créativité n'apparait hélas pas dans les fantômes, qui m'ont plutôt laissé de marbre.

Presque dix ans après le Labyrinthe de Pan, une incroyable vision de l'étrange, del Toro déçoit pour son retour à l'horreur et au fantastique. Le rythme est parfois tellement lent que lorsqu'un fantôme apparaît enfin c'est pour réveiller le spectateur plutôt que de lui faire peur. Et si Crimson Peak se veut être romance gothique pleine de mystère, toute cette partie de l'histoire ne rattrape pas l'absence de frissons puisque les rebondissements sont quasi transparents.

C'est plutôt Crimson Weak tout ça.

4/10

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire