American Sniper : Clint Eastwood refait la guerre d’Irak

American Sniper

Réalisé par Clint Eastwood

Avec Bradley Cooper, Sienna Miller, Jake McDorman, Luke Grimes...

Genre Drame/Biographie

Sortie le 18 février 2015

Durée 132 minutes

Note 2/5

Le nouveau Clint Eastwood qui fait tant parler aux États-Unis depuis le mois de décembre débarque enfin sur nos écrans et je peux vous dire qu'il ne laisse pas indifférent... Le bien nommé (pour attirer les rednecks) American Sniper est une adaptation des mémoires de Chris Kyle, un Navy SEAL connu dans son pays (et craint en Irak) comme "la Légende" en reconnaissance de son nombre jamais-vu de "headshots" au sniper sur les ennemis de la liberté sponsorisée par Shell.

Après avoir hurlé sur une chaise vide à la convention nationale des Républicains en 2012, Clint Eastwood semblait tomber doucement dans la démence. Mais ce bon vieux Clint semble avoir plus d'un tour dans son sac et plus concentré que jamais dans sa version de la guerre en Irak. Au niveau de la réalisation, American Sniper est un excellent retour en forme et une déclaration pour l'inspecteur Harry : il n'est pas encore qu'un vieux maître du cinéma et il est toujours capable de réaliser un film de guerre de notre époque comme Kathryn Bigelow avec Démineurs.

C'est moralement que le bât blesse. L'occupation en Irak façon Eastwood est une sorte de niveau de Call of Duty écrit par Fox News et vue à travers un fusil de précision; nous laissant là avec un film assez scandaleusement étroit d'esprit et très difficile à critiquer sans prendre en compte sa politique.

Le scenario signé Jason Hall nous présente Chris Kyle (interprété par un Bradley Cooper musclé et déterminé) regardant les tour jumelles s'effondrer à la télé pendant le 11 septembre et, très vite, on sent son désir de devenir un protecteur de la nation. Quand on a un père qui répète que le monde est comporté de moutons, de loups et chiens de bergers tout en apprenant à son fils à manier une arme, c'est normal de vouloir défendre son troupeau; non?

Le film passe ensuite très rapidement à l'action, juste le temps pour Chris d'épouser une femme qu'il a rencontré dans un bar et interprétée par Sienna Miller avant de partir en Irak. American Sniper tombe alors dans ce qui ne peut qu'être décrit comme de la pure propagande : aucune mention des raisons pour lesquelles les soldats sont envoyés à la guerre et le peuple irakien est montré comme des envahisseurs (oui, oui) sans scrupules qui ne pensent qu'à brûler des drapeaux quand ils ne sont pas occupés à équiper leurs propres enfants de bombes ou à décapiter des infidèles sur la place publique. Le film possède même un bon vieux super vilain à la James Bond nommé Mustafa qui a même droit à sa propre musique de super vilain à la James Bond qui va avec le rôle. 

Eastwood nous offre tout de même de très bonnes scènes d'action, comme la bataille finale prenant place pendant une tempête de sable, et Bradley Cooper est impressionnant dans le rôle de Chris Kyle. Plus habitué aux rôles de type sympa et souriant, il joue ici avec beaucoup de retenue et semble toujours sur le qui-vive comme un bon chien de berger. Son personnage aurait pu être bien plus fascinant si la morale du film l'avait montré tel que le vrai Chris Kyle était dans la vraie vie : un mec qui en parlant de tuer quelqu'un déclarait que "c'était comme une scène sortie de Dumb&Dumber".

Hélas, Eastwood pointe du doigt toutes les personnes assassinées par Chris Kyle et les décrit comme des sauvages profondément mauvais. Au final, Chris Kyle est plus traumatisé de ne plus avoir à tuer ces "sauvages" qu'il ne l'est par sa culpabilité et American Sniper ressemble souvent trop à une plateforme pour les idées conservatrices du parti Républicain et pas assez aux films de guerre U.S. des années 70 qui nous permettaient de découvrir le vrai visage de l’Amérique à travers ses soldats perdus au Vietnam. 

En partenariat avec Trailers&News.

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