Better Call Saul | Uno : Retour à Albuquerque

Better Call Saul - Episode 1 - UNO

 

Dire que j'attendais beaucoup de Better Call Saul, le spin-off/prequel de Breaking Bad, était en dire peu. Les fans de la série 5 étoiles de Vince Gilligan attendaient tous des répliques hilarantes et rapides comme l'éclair, des costumes mal taillés, des voitures pourries, et beaucoup de désespoir mais pas beaucoup d'entre nous pouvaient s'attendre à la magnifique introduction en noir et blanc de Better Call Saul. Culminant avec une scène digne d'un Emmy montrant un Saul Goodman moustachu, fatigué et seul alors qu'il revisite des souvenirs de son ancienne "gloire", cette introduction nous rappelle forcément les scènes les plus prenantes de sa série grande sœur et la fierté d'un homme qui a tout perdu.

Vince Gilligan avait l'embarras du choix en sortant de Breaking Bad. Le cinéma lui ouvrait grand ses portes et tous ses projets de série se retrouvaient en haut de la pile de toutes les chaînes de télé américaine, alors avait-il raison de retourner à Albuquerque pour revisiter le personnage de Saul Goodman ? Ce qui était intéressant dans les histoires de drogues et de meurtres de Walter White ne le serait pas forcément dans celles de l'avocat véreux interprété par Bob Odenkirk, qui n'était vraiment là que pour mettre une note d'humour dans la série culte.

Faux.

En un seul épisode, la plupart des doutes sont désormais évaporés. Filmé avec brio par Gilligan et écrit en tandem avec le co-créateur de Saul, Peter Gould, on comprend tout de suite le choix de revenir dans le Nouveau-Mexique : la réalisation et la photographie sont tout de suite au point et on reconnaît l’esthétique de Breaking Bad qui commençait vraiment à manquer dans nos télés. Le soucis du détail est aussi toujours là, des bruits de moteur de la voiture bonne pour la casse de Saul aux téléphones portables à clapets du début du siècle.

better

Bob Odenkirk brille dans le rôle titre et semble prendre un malin plaisir à lui donner de la profondeur. Après un petit rôle remarqué dans Nebraska et déjà culte de son Mr Show avec David Cross et de ses excellents sketchs pour SNL dans les années 90, Odenkirk obtient enfin son premier rôle tant mérité et sort enfin de ses seconds rôles comiques. Comme Bryan Cranston, il vient de la comédie et sait parfaitement jongler les scènes dramatiques et les scènes plus légères.

Ce qui faisait de Breaking Bad une série pas comme les autres, c'était surtout notre désir de voir Walter White se transformer en ce qu'il était vraiment. Better Call Saul semble être une version moins dark de ce sujet. La série marche aussi pour les non initiés et peut fonctionner pour les gens appréciant l’esthétique et l'humour des films des frères Coen. La dernière moitié de l'épisode a une telle rapidité d'exécution qu'il permet à la série de déjà sortir du lot même pour les personnes n'ayant jamais vu Breaking Bad.

Le pilote de Better Call Saul commets tout de même parfois le même péché que toutes les prequels ou spin-off et certains caméos semblent un peu forcés. Mike Ehrmantraut (Jonathan Banks) apparaît ainsi dans une scène dont on aurait pu se passer et la fin en cliffhanger de l'épisode nous laisse présager plus de clins d’œil assez peu subtils. J'espère donc que la nouvelle série de Vince Gilligan comprendra rapidement que l'histoire de Jimmy McGill (le vrai nom de Saul) n'a pas forcément besoin d'être aussi liée à son prédécesseur pour être plaisante. Vu que le pilote nous offre tout de même déjà plusieurs moments et dialogues mémorables et que faire aussi bien que le génial pilote de Breaking Bad semblait impossible, Better Call Saul pourrait devenir sa propre série culte très rapidement en évitant les pièges. 

Note : 4/5

Pas de commentaire.

Ajouter un commentaire